Trek : Traversée des calanques

Grenoble Amitié Nature - Club de montagne omnisports

Trek : Traversée des calanques

Après de nombreuses péripéties, nous voilà dix ganistes engagés dans ce projet de traversée des calanques préparé et programmé depuis dix-huit mois et reporté de mai 2020 à mai 2021, sur quatre jours du 6 au 9 mai. En préambule, il faut souligner que la création il y a dix ans du parc national des calanques a entraîné une fréquentation de plus en plus importante des calanques, et que par ailleurs aucun hébergement n’existe pour accueillir les randonneurs en mode itinérance. Cette  situation nous a contraint à jongler entre auberge de jeunesse et camping pour les hébergements, avec des liaisons en bus ou en navette de voiture. Lesquelles navettes ont pu se réaliser grâce à la présence du van de Jacky.

J1 : jeudi 6 mai. Cassis/La Fontasse

A 10h du matin nous sommes à pied d’œuvre à Cassis pour débuter le trek en mode sac à dos léger, grâce au van chargé des bagages et du repas du soir qui est arrivé à la destination du soir : à savoir l’auberge de jeunesse de Fontasse au plein cœur des calanques. Nous nous retrouvons tous avec un timing parfait à l’anse de la première calanque de Port Miou, dans une ambiance presque estivale.

Ancien embarcadère de la carrière de pierre du XVIII ème siècle, en ruine de la presqu’île de Cacau
Ce qu’il reste de la carrière de calcaire pur à 98% aujourd’hui

Notre première étape plutôt cool, pénètre et contourne les trois calanques du jour : Port Miou, Port du pin et la calanque d’En Vau. Nous contournons la Pointe de Cacau où nous découvrons la surprise du jour, le “trou souffleur”, petit trou très discret  situé à trente mètres de hauteur qui laisse remonter le vent et le bruit des vagues.

Le “trou souffleur”
La calanque de Port du Pin

C’est au bord de la calanque de Port du Pin que nous partageons notre pique-nique en dominant l’anse et la plage. Douceur et paysages de rêve au bord de la grande bleue.

Quel contraste sur le calcaire pur !

Après cette longue pause nous empruntons le sentier balcon qui contourne la calanque pour entrer dans la plus belle calanque du jour : la Calanque d’en Vau. Mais aussi la plus fréquentée. De nombreux promontoires rocheux nous permettent d’apprécier la vue plongeante sur la calanque 120 m sous nos pieds.

La pointe entre la calanque de Port du Pin et la calanque d’En-Vau
Les nombreux belvédères dominant En Vau
La plage d’En Vau : la plus prisée, heureusement accessible après une 1h30 de marche
Descente parfois scabreuse vers la plage

La descente directe sur la calanque d’en Vau permettra de nous tester en mode désescalade avec trois passages plus ou moins délicats, qui obligent une partie du groupe à reprendre un autre sentier plus direct, mais plus aisé.

La plus belle, mais aussi la plus prisée des bateaux

Petite baignade à la plage avec l’eau à 16°C pour trois d’entre nous. Court aller/retour à l’arche du “trou du canon” qui permet de dominer la calanque de l’Oule et de découvrir l’île de Riou.

La calanque d’En Vau se vide quand le soleil s’en va
L’arche du trou du canon ouvrant sur l’île de Riou

De retour dans le vallon d’En Vau, nous remontons environ 150 m pour atteindre le plateau et rejoindre notre étape du jour, l’auberge de jeunesse de la Fontasse. Une  auberge au confort spartiate, mais très propre et confortable. Ici la lumière c’est les panneaux solaires, l’eau c’est de grandes réserves recueillies de l’eau de pluie. Et les repas c’est chaque groupe qui fait son dîner avec une cuisine  bien équipée. Pâtes bolognaise au thon sont au menu du soir. Parfait pour récupérer de cette belle journée. Avec 10,7 km et 650 m de dénivelé réalisés et quelques émotions pour les passages de désescalade.

L’auberge de jeunesse de la Fontasse au cœur de la garrigue

J2 : vendredi 7 mai. La Fontasse/Luminy

Départ à 8h20 de l’Auberge. Nous redescendons en direction du vallon d’En Vau, le traversons pour rejoindre le col de l’Oule, puis descente dans le joli vallon étroit et boisé de l’Oule jusqu’à quarante mètres au dessus de la calanque pour emprunter un bon sentier raide qui monte vers la crête de Devenson. Cette variante du GR offre de magnifiques belvédères sur les hautes falaises 200 m au dessus de la mer.

Vue des crêtes de Devenson environ 250 m au dessus de la mer
De nombreuses arches donneront un relief particulier à toute cette traversée
Que de beaux belvédères
Audacieux mais pas trop

Passage au col de Devenson puis col des Charbonniers pour terminer au point culminant du Col de la Candelle (450 m), dominé par la très belle tour calcaire de la Grande Candelle.

Pour la descente nous quittons rapidement le GR pour une variante plus discrète, plus directe, mais aussi plus sportive. Avec quelques pas de désescalade et un passage chaîné sur environ dix mètres dominant une étroite goulotte.

Le passage chaîné, bien exposé, qui a fait ruisseler l’adrénaline de certains

Après quelques hésitations dans la recherche de l’itinéraire nous débouchons sur un plateau à 150 m d’altitude. C’est ici que nous  faisons la pause pique-nique à l’ombre de quelques arbres.

 Courte pause, et nous remontons environ 100 m pour contourner la falaise des “toits infranchissable”.

La surprenante vire facile au pied de la falaise des toits

Puis longue descente vers la calanque de Sugiton. Cette descente s’effectue via une belle vire confortable au pied de la falaise des toits.

Petite île dans la calanque de Sugiton appelé le “torpilleur”

La calanque de Sugiton est prisée par les baigneurs et les plongeurs qui sautent des rochers. Nous poursuivons par une courte échelle, permettant de prendre pied sur le plateau rocheux menant au cap de Sugiton, puis pénétrer dans la calanque de Morgiou, dernière calanque du Jour. Cette calanque que nous dominons de cinquante mètres se termine par un petit port de pêche et de plaisance. Nous poursuivons une remontée de 45 minutes pour atteindre le plateau du domaine de Luminy (180 m d’altitude).

La dernière du jour, la calanque de Morgiou et son petit port

Retour à la civilisation avec le monde universitaire, la circulation, et pour nous une navette de bus qui nous ramène au parking de Cassis où sont stationnées nos voitures. Accueil et Installation au camping des portes de Cassis avec un confortable bungalow huit places. Apéro et bon repas acheté et préparé par une partie de l’équipe.

Une belle étape de de 14 km et 950 m de dénivelé, et des vues imprenables entre mer et falaises.

Changement de décor à partir de Ciotat pour le troisième jour avec le bec de l’Aigle

J3 : samedi 8 mai. La Ciotat/Cassis

Navette de voiture entre parking à Cassis et parking à la Ciotat. Puis départ à pied du quartier de la garde à la Ciotat (71 m). Changement complet de paysage et de terrain. Ici la roche est un énorme conglomérat. Le poudingue du bec de l’Aigle : un assemblage de galets de grès.

La chapelle Notre Dame de la garde

Pour nous, courte montée à la chapelle de Notre Dame de la Garde et son belvédère caractéristique de ce Poudingue. Puis nous poursuivons par un étroit sentier passant par deux anses. La première l’anse de Cannier se négocie facilement grâce à une main courante installée à demeure.

Arche formée dans le conglomérat de grès appelé poudingue
La main courante équipant la vire de l’anse de Cannier

Nous poursuivons sur un plateau jusqu’à rejoindre le sentier des crêtes qui nous mène au sémaphore du Bec de l’Aigle, dans un paysage de maquis encore bien vert et fleuri.

L’équipe itinérante au complet

Nous poursuivons ce sentier de crêtes jusqu’au point culminant (394 m) dominant la mer et des vues plongeantes sur les falaise de Soubeyranes. Pause pique-nique sur une jolie plateforme dominant la mer.

Nous en prenons plein les yeux….

La suite est une succession de montées descentes au bord de la falaise jusqu’au pas de la Colle (213 m). Cette longue crête offre de belles vues sur le golfe de Cassis. Mais la proximité de la route des crêtes très empruntée par les motards apporte son lot de nuisances liées à la surfréquentation. Du pas de la Colle, descente rapide sur le bitume pour rejoindre Cassis. Baignade pour certains et navette retour pour les autres. Soirée tranquille au camping.

11,4 km et 640 m de dénivelé réalisés.

Vue sur la baie de Cassis

J4 : dimanche 9 mai. Luminy/Marseille Callelongue

Pour cette dernière étape nouvelle une navette est organisée. Dépose des randonneurs au domaine de Luminy et le van est posé à l’arrivée à Callelongue. Montée au Mont Luminy (288 m) par un raide sentier coupant les pistes. Puis montée plus tranquille via le col de Morgiou, col des Escourtines jusqu’au Baou Rond (284 m).

Vue du Baou rond, 281 m
La calanque de Sormiou, première calanque du quatrième jour

Ici le très beau belvédère permet d’embrasser toute la côte de la Ciotat jusqu’aux dernières calanques avant Marseille. A partir de ce point culminant, le sentier (GR51/ GR98) poursuit son long cheminement en balcon au-dessus de la côte, et nous sommes dominés par de belles falaises calcaires. La calanque de Sormiou, que nous dominons, s’ouvre devant nous, avec son joli petit port.

Le printemps dans les calanques, une flore très riche comme cette valériane rouge

Passage au col des Baumettes, col de Sormiou et col de Cortiou. Avec une succession de petites calanques qui s’offrent à nous sur ce très beau sentier balcon (calanque de Cortiou, de l’Escu, de Podestat, des Queyrons, de Marseilleveyre).

Le vent du sud forcit et donne du relief à la mer

C’est ici  que nous retrouvons Chantal, et que nous faisons la pause pour une baignade bien fraîche et pour notre pique-nique. Petite calanque très populaire avec plage abritée du fort vent qui agite sérieusement la mer. Nous poursuivons en passant à la calanque de la Mounine et atteignons à la calanque de Callelongue, avec le retour à la civilisation et l’arrivée de la route. Navette effectuée en une heure puis retour sur Grenoble.

12 km et 437m de dénivelé réalisé.

Pause baignade et pique-nique à la calanque de Marseilleveyre

En conclusion

  • Un très joli trek côtier entre paroi calcaire et mer, avec le beau temps assuré
  • Une végétation entre maquis et garrigue en pleine floraison
  • 48 km en quatre jours. Peu de dénivelé mais un itinéraire de toute beauté et très varié
  • Coût total du trek (transport+bouffe+hébergement) : 170€/personne
  • Une équipe de choc, motivée et volontaire qui patientait depuis un an

Alain.

Les dix des calanques :  Marylène B., Catherine R., Martine A., Claudette M., Alain D., Christiane G., Michèle B., Agnès B.,  Chantal P., Jacky E..