Trou de l’Aigle
C’est une étrange équipe de 5 personnes qui s’apprête à visiter le trou de l’Aigle dans les gorges de Crossey. D’abord nous avons un individu avec le tour des yeux tout blancs. Sur le moment j’ai pensé que c’était une maladie ou un albinos ; je ne veux dénoncer personne mais il parait qu’une rouquine albinos ce n’est pas possible. Le mystère reste entier. Nous avons également un grand gaillard qui, brutalement a perdu tous ses poils. Une maladie ? la même que celle de la rouquine ? Bizarre Il faudra éclaircir ce point. Nous avons ensuite la ficelle, grande et mince dont on a toujours peur qu’elle s’envole, et qui a une logorrhée inextinguible, autre maladie, mais moins rare au Gan. Toute cette troupe est cornaquée par un retraité hors d’âge, qui arrive en retard car infoutu de calculer la distance. Avec tout ça inutile d’espérer faire des étincelles.

La petite troupe s’en va toutefois selon l’itinéraire décrit par Sombardier. Nous montons d’abord visiter La grotte de Crossey. Certains cherchent la continuation, je les rassure il n’y en a pas. L’amplitude et la hauteur de la grotte impressionnent tout de même les visiteurs. Nous reprenons le petit sentier qui rapidement devient très raide, et surprise, l’immense falaise qui nous fait face peut être gravie par un couloir certes fort raide mais équipé de cordes qui sont bienvenues . Bien transpirants, nous faisons une pause à la sortie du couloir, et première tentative de soulèvement car certains estiment qu’il y a tromperie, la sortie ayant été vendue être courte et facile. La suite est une longue promenade sur le plateau bucolique où, comme d’habitude nos compères bavardent copieusement. J’ai même pensé à les perdre, pour voir au bout de combien de temps ils allaient se poser des questions. Mais non … et nous cassons la graine un peu au-dessus du premier rappel.





Petit quiz : qui sait se bloquer sur un rappel pour démêler les cordes, qui sait remonter un rappel quand on est pendu dessus, qui sait débloquer son machard quand on n’a pas de prise de pied, qui sait débrayer une corde, qui sait rallonger une corde trop courte quand quelqu’un est dessus etc. Le résultat est désastreux. Une formation s’impose.
Le premier rappel est dans une gorge remplie d’arbres et de pierres ; évidemment, les cordes se sont prises dans la végétation, il faut démêler tout ça, et le relais, 25m plus bas est très étroit. Heureusement un genre de grotte, 5m avant le relais, permet de stocker du monde à l’abri des chutes de pierres. La rouquine, qui descend en dernier, teste consciencieusement l’abri en question en déclenchant une copieuse avalanche de parpins, test positif.



Le deuxième rappel est plus sympa, 26m bien vertical avec un relais tout juste assez vaste pour nous tous, mais à l’abri, et au-dessus d’une faille obscure et profonde. Au troisième rappel, pour ne pas se recevoir de pierres, j’envoie la rouquine en premier et, à entendre ses exclamations : c’est, soit très beau, soit très effrayant (ou les deux). En effet, 5m après le départ, le rappel est totalement pendulaire, dans une grande arche magnifique, avec une arrivée vaste et plate. Les vagues râlantes du début sont oubliées, on est plutôt dans l’euphorie (ce qui n’est pas forcément mieux pour l’animateur).





De la plateforme part une faille verticale avec des cordes fixes. C’est le début du Trou Noir. On s’équipe, de bric et de broc, sauf l’expert spéléo qui a pris tout son matériel, histoire d’impressionner les novices. Apres quelques mètres de traversée sur corde fixe, ça se corse … ou plutôt ça se rétrécit. On rampe, sur le côté, on ondule pour progresser, ça pourrait être élégant, mais pas du tout, c’est plutôt un concert de grognement, de gémissement (pas érotiques), de protestations du genre « mais ils sont malades les spéléos », et c’est la plus mince qui proteste le plus, comme quoi le terme étroit est bien subjectif. Marc me fait savoir qu’un alésage se doit d’être réalisé si on veut respecter son gabari ! Il est vrai que le ramping arrive, tête première, en haut d’un puits d’une vingtaine de mètres, large de 30cm au départ, incommode mais où il est malgré tout préférable de mettre son descendeur avant de descendre. Le puits s’élargit rapidement pour arriver dans une belle salle avec un plancher de calcite.





Une fois le rappel tiré … il faut absolument trouver la sortie. L’expert, inspiré, s’enfile dans le premier boyau venu .. raté, ce n’est pas par-là, deuxième tentative, ratée également. L’expert prétendra par la suite que c’était pour bien explorer la grotte. Pendant ce temps, la rouquine s’est enfilée dans un laminoir pour voir. Le reste de la troupe est dubitative, ce laminoir parait bien bas de plafond (c’est la caractéristique d’un laminoir), mais on entend au loin « ça continue », l’expression la plus appréciée des spéléos. A contre cœur, tout le monde se met à ramper et ahaner pour progresser, la hauteur augmente un peu et on peut marcher cassé en deux, ou à 4 pattes, dans une belle galerie en conduite forcée (c’est l’expert qui, vexé de s’être fait doubler, tente de restaurer son prestige en expliquant le pourquoi du comment). La galerie débouche en pleine falaise, soulagement, on ne restera pas prisonnier de la grotte. Le vue est superbe, on est juste au-dessus des voitures, il nous reste un rappel de 25m pour terminer cette aventure.










Une petite boucle ludique, variée, bien appréciée de tous. A la prochaine Sombarderie …
Les participants : Monique S, Olivier G, Marc F, Edwige C, Jacky.
