Grande Roche St Michel
Finalement, c’est encore Sombardier qui décrit le mieux ses Sombarderies : « Bien que dominant Grenoble, ce parcours est l’un des plus engagés, des plus variés et des plus vertigineux du Vercors. Il ne suffit plus d’être un randonneur habitué au vide et aux vires étroites, mais il faut aussi des compétences de grimpeur, de spéléologue et de l’aisance dans les manœuvres de corde et les rappels. »

La fin de cette description était prémonitoire. Départ à 8h du stade de neige de Lans, nous remontons les pistes de ski puis la piste en direction du trou St Michel. La fin de la montée est un bon sentier indiqué sur OSM. Le trou Saint-Michel est toujours aussi beau, surtout le matin par cette belle journée du premier juin. On a la surprise de voir qu’il n’y a plus du tout de neige et que l’accès est équipé d’une bonne sangle. Pas besoin ni d’escalade ni de rappel. En bas du trou nous observons la falaise avec circonspection : il est difficile de deviner par où passe l’itinéraire. On sort du trou par la droite pour trouver un arbre avec des anneaux pour un rappel de 30m qui commence dans des arbres, raison pour laquelle j’ai enkitté les 2 cordes de 50m. Je descends tranquillement en cherchant le relais et au bout de 35 ou 40m n’ayant toujours rien trouvé, et constatant qu’il reste une quarantaine de mètres de rappel pendulaire sous moi, je conclus que j’ai raté le relais. Je n’avais pas prévu de remonter sur corde, mais le matériel est sur moi : petit exercice d’équipement plein gaz pour me confectionner, avec une sangle, un baudrier de poitrine pour accrocher mon crawl, et avec une autre, transformer mon micro-traction en pédale, toujours avec mes 2 sacs enkittés aux fesses. Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est que de là où je suis, je ne vois pas où se trouve le relais. Je remonte doucement en cherchant le relais que je ne vois vraiment pas. Il me faudra remonter une dizaine de mètres avant de l’apercevoir, en rive droite au-dessus de la ligne de rappel. Effectivement je ne l’avais pas vu car un peu en hauteur et du « mauvais » côté. Le rappel suivant d’une cinquantaine de mètres est magnifique et nous dépose sur une large vire en plein milieu de la falaise.






On rouge l’itinéraire (probable), et en jaune la partie souterraine.


C’est par là que j’ai constaté mon erreur !
La suite de la progression est facile sur cette large vire jusqu’à un couloir terreux avec un amarrage de rappel placé dans son axe. C’est un rappel d’une trentaine de mètres pas très agréable car en terre heureusement on peut s’abriter au pied du rappel. Nous avons vu un chamois et son petit nous passer à quelques mètres. Comment sont-ils montés jusque-là ? Nous verrons d’ailleurs de nombreuses crottes et plusieurs chambres à coucher lors de notre périple. Nous sommes alors sur une petite vire beaucoup plus fine et aérienne qui file horizontalement vers le Nord. On passe devant une petite grotte 2m au-dessus de la vire pas facile à atteindre, sur la partie la plus étroite de la vire. La progression sans être difficile est très aérienne, prudence. Peu avant d’arriver à la grotte, nous découvrons une petite arrivée d’eau probablement suffisante pour les chamois. Nous arrivons à la faille dans laquelle s’ouvre la grotte, que l’on atteint par un rappel d’une douzaine de mètres. Nous nous équipons pour traverser cette grotte.








A part le début un peu bas de plafond, cette grotte est constituée d’un méandre assez large où il est facile et plaisant de circuler. On se retrouve (trop) rapidement en haut d’un petit puits de 6m, et tout de suite après on émerge en pleine paroi. Un régal. Il faut encore deux rappels de 20m et une descente dans les arbres qui se termine par une rampe pour arriver en pied de falaise. La première partie est terminée.








Casse-croute au frais dans une petite baume, puis longue remontée le long du pied de la falaise, en suivant les traces de mouflons. Ces sales bêtes sont indisciplinées, elles font des traces partout, dont certaines remontent sur des vires improbables ; il faut choisir les bonnes traces. La remontée du Ranc de Malhivert est longue et laborieuse. Enfin nous voilà sur la croupe herbeuse qui marque le début de la remontée vers le plateau.

Elle commence par des gradins, en zigzaguant pour rester au plus facile, d’abord à gauche, puis traversée à droite sous un arbre avant de repartir à gauche vers l’extrémité de la corde bien visible sous le surplomb jaune. C’est de l’escalade facile (II) mais longue et exposée, où il faut bien vérifier ses prises. Plusieurs cordes ont été ajoutées depuis mon dernier passage, elles permettent d’aller à droite pour sortir du coté Moucherotte. Nous allons au contraire à gauche sur une vire assez fine et herbeuse, puis descente et montée en suivant cette vire, avec de nombreuses traces de chamois. On remonte un couloir et on traverse des pentes d’herbe délicates, on passe entre un arbre et la paroi, passage très étroit où j’ai du enlever mon sac à dos. Une descente (un spit bien utile) permet de franchir un couloir. La fin est simple en remontant des gradins pour atteindre le haut de la falaise.












Sortie d’exception, variée, engagée par endroit, avec un itinéraire pas toujours évident, le tout au dessus de Grenoble. Quelle ville étonnante !
Distance : 8 km ?
Déniv : 800m ?
Durée : 7h
