De Chabloz à la Bourgeoise en boucle
Sur certaines cartes OSM, une vague sente traverse les falaises des rochers de Chabloz jusque sous la Bourgeoise. Nous avions parcouru la moitié de cet itinéraire avec P. Sombardier, puis avec le Gan, à peu près à la même époque l’an dernier, en passant par le sentier Justin et la cabane Chabloz (« Sentier Justin et Cabane Chabloz » ). La suite nous était toutefois inconnue, et nos recherches sur Internet n’ayant pas donné grand-chose, nous avons décidé d’aller explorer ce sentier fantôme. Je m’attendais au pire : faute d’informations, nous sommes partis avec le matériel nécessaire pour équiper les passages si besoin. Finalement, c’est le meilleur, et non le pire, qui nous attendait, et le matériel est resté au fond du sac.

Le parcours démarre de la route et descend vers la cabane Chabloz par un itinéraire devenu classique, qui emprunte la via ferrata. Un très beau passage équipé de mains courantes et qui comporte un pas athlétique : ce sera le seul du parcours. Après la cabane, nous descendons légèrement sur le sentier avant de prendre, presque aussitôt, une sente à droite qui remonte au ras d’une petite barre rocheuse. Une courte corde à nœuds nous permet ensuite de rejoindre le sentier Justin. Celui-ci longe globalement le pied de la falaise en montant franchement. Relativement fréquenté, il est facile à suivre. Nous le trouvons généralement peu engagé, la forêt en contrebas limitant le risque de chute, à l’exception d’un passage où un glissement de terrain a emporté le sentier sur une dizaine de mètres. C’est le seul endroit engagé où la prudence s’impose. La montée est rude, mais sans difficulté, et nous atteignons le col Antoine au bout d’une heure (Pffff… les filles du Gan marchent comme des avions !). Nous y faisons une pause bien méritée et découvrons, pour la première fois, la suite du parcours. C’est aussi là que nous quittons l’itinéraire Sombardier, qui remonte une série de cordes fixes pour lesquelles une poignée autobloquante est plus qu’utile. La suite que nous allons emprunter est plus facile.









Nous redescendons légèrement pour rejoindre le creux du cirque. Du col Antoine, nous avons repéré l’endroit où pourrait se trouver la corde permettant de gagner directement le sommet de la Bourgeoise. Pour la trouver, au creux du cirque, nous remontons une pente de terre très raide et découvrons deux cordes en très bon état, suspendues sous un surplomb. Un écriteau annonce la couleur : A) remonter le surplomb au Jumar sur 5 à 6 m ; B) poursuivre sur une longueur à l’aide d’une poignée et C) terminer par une sortie facile jusqu’en haut de la falaise. Il n’est que 10 h 30 : nous avons largement le temps de poursuivre notre exploration.


Depuis le creux du cirque, nous remontons le long de la falaise en suivant des encorbellements confortables et très agréables. La montée devient progressivement plus raide, mais reste sans difficulté. D’abord large, la terrasse se rétrécit peu à peu jusqu’à presque disparaître à l’approche du sommet. Nous rencontrons alors une série de mains courantes plus ou moins horizontales, qui permettent de franchir le haut du cirque. Bonne surprise : elles sont en excellent état, avec deux cordes et des amarrages doublés. Le rocher est bon et nous trouvons ce passage très agréable, et parfaitement sécurisé.











Juste après la dernière corde, la sente descend en lacets, puis oblique à droite pour rejoindre le haut d’une barre rocheuse. Un rappel de 10 à 15 m permet de la franchir. Le sentier se poursuit ensuite vers la droite, au pied de cette petite barre, puis descend jusqu’à une vaste étendue d’herbe dégagée. Le contraste est étonnant. Nous traversons ce champ jusqu’au bord de la falaise, d’où nous avons la vue sur les falaises situées plus au sud. Nous sommes presque à l’aplomb du sommet de la Bourgeoise et en apercevons le relais.




Une vague sente traverse l’herbe à l’horizontale et rejoint le sentier qui descend, signalé par une sangle rouge accrochée à un arbre : un repère bien utile. Contrairement à ce que j’avais cru comprendre, le sentier est bien dégagé : les buis ont été coupés et le tracé est relativement facile à suivre, même s’il faut rester attentif. Nous l’avons brièvement perdu à deux reprises. Tout le retour se déroule sur ce sentier, que nous trouvons facile, agréable et peu engagé, avec la forêt en contrebas. J’avais emporté un sécateur, mais il est resté dans le sac : le nettoyage avait déjà été fait.
Le sentier descend en pente douce, puis longe la falaise inférieure. Il remonte ensuite au pied de la falaise supérieure et traverse de beaux encorbellements avant de rejoindre le chemin venant de Varces. Désormais large et fréquenté, il nous conduit à l’aplomb de la cabane Chabloz. Un énorme cairn marque le départ d’une remontée très raide dans un talweg peu marqué, qui nous ramène à la cabane. Toujours au soleil, nous sortons enfin nos sandwichs et échangeons nos impressions, encore surpris d’avoir découvert un si bel itinéraire. Le retour se déroule sans difficulté : nous franchissons les mains courantes en sens inverse et rejoignons rapidement les véhicules.










Belle découverte que cette boucle entre Chabloz et la Bourgeoise, à deux pas de Grenoble ! Elle offre un panorama remarquable sur la vallée et les montagnes environnantes, jusqu’au mont Blanc. Nous l’avons trouvée sans difficulté (T2) et peu engagée, hormis le passage emporté par un glissement de terrain. Il est étonnant qu’un tel itinéraire reste si peu connu et documenté. Bravo à ceux qui l’ont découvert et aménagé : ils ont scié des centaines de buis pour dégager le sentier et équipé tous les passages délicats de bons amarrages et de cordes, en parfait état lors de notre visite.
Ce parcours s’adresse aux habitués des Sombarderies : un pied sûr, de la prudence, de la concentration et le sens de l’itinéraire sont indispensables. Il ne convient pas aux randonneurs classiques.
Dénivelé : entre 500 et 600m
Distance : env 5km.
Participants : Monique S, Pascale M, Jacky.
