Trois jours de rando ski Très Cool au Lauzet

Grenoble Amitié Nature - Club de montagne omnisports

Trois jours de rando ski Très Cool au Lauzet

J’ai proposé un séjour de ski de randonnée qualifié de « très cool » avec ceci comme description : Très cool signifie des sorties entre 600 et 800m, sur un rythme lent voire très lent, à destination de ceux qui font leur début en ski de rando et qui redoutent de ne pas y arriver, de ceux qui sortent d’une blessure, de ceux qui ont pris de l’âge et de tous ceux qui ont envie de profiter de la montagne et du ski sans se casser la santé.
Finalement cela doit faire du monde, car dans les 24 heures, j’ai reçu plus de 40 (pré) inscriptions, ce qui m’a emmené (au lieu des 12 places prévues) , à privatiser le gite de l’Aiguillette du Lauzet et ses 35 places (et merci à Sophie et Daniel qui ont répondu à mon appel à l’aide pour deux animateurs supplémentaires).

Nous étions donc 35 personnes s’étalant sur tout le spectre entre « très lent » et « normal », mais toutes (ou presque) désiraient un séjour où, sans stress, et sans mettre en difficulté le groupe, elles pourraient se tester, et voir où elles en étaient. En effet, dans le spectre « lent » ou « très lent », il y avaient 6 personnes qui sortaient de blessures et se remettaient à la rando, sans trop savoir ce quelles pourraient faire, 3 (au moins) sortaient de maladie, quelques-unes se sentaient fatiguées par l’âge ou autre, quand quelques autres voulaient simplement profiter tranquillement de la montagne. Dans le groupe moyen, il y avaient plusieurs personnes qui, incertain sur leur condition physique, voulaient se tester avant de s’inscrire (ou se désister) d’un raid à ski (de fait 3 ont été confortées dans leur décision de participer, et 4 se sont désistées). Enfin dans le groupe dit « normal », certaines personnes voulaient savoir si leur rythme, et leur endurance, leur permettrait de s’inscrire aux randonnées proposées au Gan. Finalement, ce séjour était un grand banc d’essai grandeur nature, où les maîtres mots pour les animateurs, étaient écoute, pédagogie et bienveillance.

Au vu du profil assez varié des participants (surtout participantes avec 24 femmes pour 11 hommes), nous avons, tous les jours, proposé 4 sorties différentes, avec, en substance, un groupe « très cool », avec 500-600m et 200-250m/h, un groupe « cool lent » avec 700-900m et 250-350m/h, un groupe « cool » avec 700-900m et 350-400m/h et enfin un groupe « normal » avec 1000+m et 400+m/h. Il y en avait donc pour tous les goûts, et chacun pouvait choisir son groupe chaque jour (ou rester au gite).

Vendredi 6 Février.
Ce séjour se présentait comme une gageure en terme d’organisation, mais en plus, tout a mal commencé. La nuit précédent le départ, il a beaucoup plu, y compris le matin au réveil. Avec une forte chute de neige et du vent, le col du Lautaret est fermé, avec une réouverture incertaine, et le BERA donne un risque 4. Difficile de faire pire.
Je maintiens le rendez-vous à 8h sur le parking où, en fonction des courses prévues par chacun, nous avons affecté les personnes dans une des 9 voitures. En effet, le groupe « très cool » avec Franck devait aller au Laurichard (600m), quand les autres devaient aller vers le Galibier, (Pic Blanc, Col, ..).
Le col du Lautaret a ouvert vers 10h, la route est glissante, une voiture devra chainer. Au col, vent, brouillard, neige, risque 4. Le moral des troupes est au plus bas. Nous décidons, au vu des conditions, de faire une balade minimum, sur les parties sans risque, un groupe vers le Laurichard, les autres vers le col du Galibier. Coté Laurichard, les conditions resteront très mauvaises, et après 200m de dénivelé, le groupe rentre au gite, mais Franck se fait une petite entorse.
Vers le col du Galibier, surprise, après 30mn dans le brouillard et le vent, le temps se lève, nous aurons même quelques coups de soleil, la neige est profonde et légère, nous monterons, en traçant, jusqu’au refuge de Galibier. Nous profiterons d’une longue éclaircie pour redescendre en neige 5*, sur  des pentes vierges, jusqu’aux voitures. C’était inespéré, étant donné les conditions du matin, la journée est sauvée, avec une excellente descente, mais le groupe Laurichard est frustré.

Ambiance au départ …
Très vite le temps se dégage, belle trace à faire.
Ce n’est pas encore le grand beau, mais on y voie.
Un des rare coup de soleil. Trace profonde.
On y est presque.
Casse-croute rapide devant le refuge.
Notre gite.
Briefing le soir au gite. Gite agréable mais salle à manger très bruyante.

Samedi.
La météo donnait un temps couvert tout le jour, mais nous auront une très belle journée ensoleillée. Tout le monde partira ski au pied du gite.
Chantal Ottin, qui devait intégrer, au printemps, le groupe des animateurs, prend ses « fonctions » en avance en remplaçant Franck. Avec le groupe « très cool » elle monte au refuge du Clot des Vaches (600m).
Pendant ce temps, les deux groupes intermédiaires montent, en décalé, au col de l’aiguillette (860m), pendant que Daniel s’enfile dans le vallon de la Ponsonnière (1050m). Il faudra faire partiellement la trace, pour ces deux itinéraires.
Pour tous, ce sera une descente 5*, en poudreuse légère et des pentes sans trace. « La plus belle descente de la saison » d’après plusieurs participants.

Départ du hameau du Lauzet.
Depuis le hameau, en regardant les premières pentes. Une année à neige comme il n’y en avait pas eu depuis longtemps, d’après les indigènes.
Le départ du Pont de l’Alpe est fréquenté.
Les premières pentes sont raides.
Un bouquetin (malade ?), nous regarde passer sans bouger.
Derrière nous, le refuge et le vallon de Ponsonnière.
Sophie montre comment faire une conversion.
Belle ambiance dans la montée au col.
Encore quelques conversions et on y est.
Surprise, pas de vent au col, on peut manger au soleil.
Sophie débouche enfin au soleil.
Petite pause au soleil.
Col et aiguillette du Lauzet.
Belle montée au col.
On croise le groupe de Sophie qui arrive au col.
Descente 5* dans un vallon vierge de trace.
Au col pour Sophie.
Le groupe très cool, et très heureux !
En allant au refuge. Le col à gauche.
ChantalO, le col est au dessus de sa tête.
Presque arrivé au refuge, mais il y a une petite remontée !
Passage du torrent sous le refuge.
Daniel remonte le vallon de Ponsonnière.
Ca brasse dans le vallon de Ponsonnière.
La neige s’alourdit en arrivant aux chalets, elle sera croutée ensuite.
Petite pause à la chapelle.
Bouquetin avec ses boucles d’oreilles vertes, il s’agit de Marius, né en 2014.

Dimanche
La météo donnait encore un temps couvert tout le jour, mais nous auront, à nouveau, une très belle journée ensoleillée !!
Le groupe « très cool » avec Jacky monte au refuge du Galibier (550m), pendant que Daniel, groupe « Normal » monte au Pic Blanc du Galibier (1100m).
Les deux groupes auront du soleil sans vent, et surtout une descente en poudreuse 5*. Daniel, avec ses 1100m de poudreuse jusqu’aux voitures déclarera sa « plus belle descente de l’année ».

Le départ est très fréquenté …
… mais la plupart des traces iront au Pic Blanc.
… et très vite nous seront seul sur la trace menant au refuge.
En partant du refuge.
Grosse poudreuse.
Le groupe au complet (Chantal a trafiqué la photo), de retour aux voitures.

Les deux groupes intermédiaires, en décalé, partent du gite ski au pied vers le vallon du Fontenil. vallon  vierge de toute trace avec beaucoup de neige fraiche. Il faudra faire une trace profonde sur toute la longueur de la course.
Sophie remonte le vallon du Fontenil, dans la neige profonde (750D+). La descente est excellente, en neige profonde et au milieu des mélèzes. C’est là que Judith a un problème de fixation. Tout le groupe se porte à son secours, mais elle a du mal à chausser, et sa fixation déchausse sans raison. Le groupe perdra près d’une heure en réparations multiples, et Judith finira à pied dès la piste de ski de fond retrouvée.
ChantalO remonte également le vallon du Fontenil jusqu’à la cote 2620m (1050mD+), et se régale avec une descente incroyable dans les mélèzes et une poudreuse légère et profonde. Elle arrive au gite, radieuse (il y a 11 mois, après son accident, on a bien craint qu’elle ne reste paraplégique !). Les deux groupes sont enthousiastes, entre un dénivelé que certains pensaient ne pas pouvoir faire, et une descente exceptionnelle.

ChantalO remonte le vallon du Fontanil.
Vallon du Fontanil.

Bien que complexe à organiser et entamé dans de mauvaises conditions météo, ce séjour aura rempli toutes ses promesses, chacun, conforté ou non par ses capacités, repartant enchanté par les courses, la neige et l’ambiance. Manifestement il y a un créneau pour ce genre de séjour. A refaire, avec moins de participants toutefois.

Les participants : Jules A, Alain B, Thierry B, Florence B, Anne-Marie C, Nathalie C, Laurence C, Bruno C, Jean-Christophe C, Dominique D, Evelyne D, Brigitte E, Jacky E, Didier F, Didier G, Franck G, Odile GR, Catherine J, Sophie J, Daniel L, Catherine L, Regine L, Marie-Christine L, Véronique M, Mazarine M, Chantal O, Isabelle P, Chantal P, Anne R, Nathalie R, Jean-Claude R, Sylvie S, Marie-Christine S, Judith S, Elizabeth T.

Jacky, avec les photos de tout le monde.