De l’or pour le refuge du Ruitor
Le refuge du Ruitor (2038m) est un havre de tranquillité et de beauté loin des secousses du monde. Nous sommes 6 inscrits à ce séjour les 17, 18, 19 mars.

Mardi 17 mars : départ de la Masure (1200 m) à 9h pour 7km de route enneigée. Nous traversons les hameaux du Crot et de la Savonne.






Nous sommes accueillis chaleureusement par Morgan et Hervé au refuge du Ruitor (2038m) et nous repartons au sommet du Louprama après le pique nique.






Le sommet du louprama (2585m) est un belvédère idéal pour contempler le mont Pourri et le dôme de la Sache. La descente se fait dans une poudreuse de cinéma jusqu’au refuge.

Nous échangeons avec les nombreux chasseurs alpins qui dormiront à 2000m dans les alvéoles d’une tranchée qu’ils auront creusée l’après midi. Nous déballons aussi les cordes, les sangles, mousquetons, poulies, cordelettes, Tibloc sur la terrasse du refuge pour réviser la technique du mouflage ; ouh là là, la technique n’est pas encore vraiment maitrisée !
Le point météo, présenté de façon rigolote par le gardien Hervé, est un rituel incontournable du refuge à 18h30. Demain, nous dit-il, avec le vent annoncé, ce n’est même pas la peine de songer à la tête du Ruitor.
Le repas servi sera excellent avec diots à gogo et panacotta mémorable.
Mercredi 18 mars : Pourtant, la journée avait bien commencé à 7h.

Nous partons avec tout le matos de glacier en direction du glacier du Grand, ébahis par tous ces sommets qui nous entourent.

Petite pause à 2300m, les sourires et l’insouciance sont encore là.

Mais le ciel commence à se charger d’une barre grise prémonitoire , au niveau du plan des Fornets (2500m).

Les traces des chasseurs alpins sont de jolis rails qui vont nous amener au col du Grand à 3100m. Nous dépeautons rapidement et subitement c’est comme si la lumière s’éteignait. Plus aucune visibilité, plus de repères, ni à gauche, ni à droite, ni au Nord, ni au Sud mais où se trouve la descente ?
Nous faisons la technique des pingouins, très près les uns des autres, et cherchons la vague trace de montée déjà effacée par le souffle du vent. Il reste 1100m à descendre jusqu’au refuge. Une belle croute glacée s’est formée et c’est juste impossible d’enchainer les virages. On découvre que ça descend lorsqu’on prend de la vitesse sur les spatules dans cette purée blanche. Une masse noire, la barre sous le petit Assaly, nous aide un peu et bien sûr la trace gps de montée. Une légère éclaircie dévoile 4 chasseurs alpins qui tirent un brancard. Un hélicoptère apparait vers le plan des Fornets mais celui ci, après plusieurs tours, ne réussit pas à rejoindre le blessé des chasseurs alpins sur le brancard à cause du vent.
Le ciel s’éclaircit au fur et à mesure de notre descente et la plateau se découvre, à notre grand soulagement. Tout se termine bien car nous n’étions que 6, avec une bonne cohésion entre personnes aguerries qui n’ont pas cédé à la panique.

L’après-midi permet de nous remettre de nos émotions en buvant un peu et en jouant à des jeux niais.
Mais c’est déjà l’heure du point météo pour la journée de jeudi. « Grande journée printanière, et pas de vent », ces prévisions autorisent toutes les audaces, surtout que le gardien Morgan nous susurre une petite boucle derrière le col de Tachuy qui bascule en Italie et qui permet de rejoindre la Savonne par le col de La Louie.
Jeudi 19 mars : Nous démarrons à 8h du refuge avec nos sacs lourds car nous avons choisi de faire la boucle secrète Tachuy – Louie. Nous bifurquons un peu trop tôt à l’ouest, à 2200m, sous les pentes du Mont Charvet, mais nous retrouvons l’itinéraire classique à 2320m, au dessus du lac du petit.

Le vent souffle au col du Tachuy (2673m) et le souvenir de la veille amène quelques inquiétudes, la météo se serait-elle plantée ?




Nous partons plein Nord en direction d’un chapelet de lacs. Viva Italia, il n’y a plus de vent et c’est une tempête de ciel bleu aujourd’hui. Nous bifurquons plein ouest, à 2520m, en direction du Laghi de bella Comba.

En descendant vers le fond du vallon, je tombe et disparais dans un gros trou à l’aplomb d’un rocher invisible. J’ai du mal à extraire mon ski enfoui au fond du trou mais j’arrive à m’extirper de ce trou ; la montagne est piégée !

Nous repeautons au fond du vallon en direction du col de la Louïe blanche
Ce fond du vallon italien est splendide, vierge de traces, nous sommes les premiers à passer après la chute de neige de samedi.




Il va falloir monter un peu plus haut aprés avoir atteint le col de la Louïe blanche (2567m) pour rejoindre l’itinéraire de descente. Le pique nique à l’abri et en plein soleil, face au Mont Pourri est apprécié.

On dépeaute pour la dernière fois….mais l’aventure réserve parfois des surprises. L’itinéraire de ski sur la carte IGN passe nettement vers l’ouest mais nous amorçons la descente au Sud. La neige est encore croutée et soufflée. Nous sommes arrêtés à 2370m par de gros blocs fissurés, nous allons chercher un autre passage plus bas. Des grandes dalles interdisent à nouveau le passage et ….il va falloir repeauter sur environ 100m de D+ pour retrouver l’itinéraire tracé en bleu sur la carte.

La neige est bien transformée à partir de 2150 m et nous glissons le long du torrent de la Louïe blanche jusqu’à la Savonne.


Trace gpx Louprama
Trace gpx Col du Grand
Trace gpx Col du Tachuy-Italie- col de la louie blanche- La savonne
Nous retrouvons les voitures à 16h et terminons le séjour par un pot à Sainte Foy Tarentaise. On reviendra dans le secteur, c’est promis.
Participants : Monique S, Hervé G, Alain B, Pascale M, Véro D, Laurent Z.
