Pleine lune sur Peyre Rouge ! (hauts-plateaux du Vercors et belle étoile)

Grenoble Amitié Nature - Club de montagne omnisports

Pleine lune sur Peyre Rouge ! (hauts-plateaux du Vercors et belle étoile)

Alors voilà, nous sommes sept Ganistes à quitter le parking des Fréchinets pour nous engager à l’Est dans le Ravin des Chauvines. Nous progressons d’abord à couvert, au frais. Puis le sentier devient bien plus minéral dans le ravin des Serres et du Maupas, il commence à faire chaud…

Au lieu de monter au Pas des Bachassons, je propose de prendre à droite le sentier plus ardu du Pas du Fouillet en précisant que sa partie la plus exposée était équipée d’un câble. Je n’ai pas menti : le câble est bien là, mais sagement enroulé sur lui-même au début du passage qu’il équipait il y a peu lors de ma reconnaissance. Mais qui donc l’a déposé et pourquoi ? Nous terminons donc notre progression avec beaucoup d’attention et de précaution.

Nous passons voir la petite Cabane des Aiguillettes avant de nous trouver quelques pins accueillants pour pique-niquer à l’ombre avec vue sur la face Sud du Grand Veyrmont.. Une fois requinqués, nous partons faire la queue à la Fontaine des Bachassons* pour nous ravitailler en eau (3 litres chacun minimum pour les 24h à venir). Puis nous partons plein Sud dans la Plaine de Queyrie, avec une nouvelle petite halte à l’ombre de son fameux « pin taillé ».

* système d’alimentation en eau constitué de gouttières en bois (troncs creusés par exemple comme au Pas et au Col du même nom… mais aussi ancienne famille de nobles du Dauphiné.

Nous poussons un peu plus loin pour visiter la carrière romaine qui exploitait un calcaire tendant à se prendre pour du marbre (mais moins « cher » que celui venant d’Italie ou de Grèce) : on y voit des ébauches de blocs et de colonnes à acheminer jusqu’à Die (« ils sont fous ces romains !).

Nous terminons cette première journée par un peu de hors-sentier dans des prairies roussies pour traverser vers l’Est la Montagne de Lau et se poser sur une colline sans arbre (surplombant une bergerie et sa petite pièce d’eau aménagée pour alimenter plusieurs abreuvoirs). Nous apercevrons un troupeau de moutons probablement basé à la Jasse de Peyre Rouge et nous verrons même un patou venu boire seul aux abreuvoirs puis reparti vers son troupeau.

Le soir après notre repas chaud (commencé par un petit porto et des chips !) nous installons nos couchages ici ou là, sur notre butte (altitude d’environ 1700m) choisie pour sa vue bien dégagée. C’est le moment « détente » (papotage, lecture, aquarelle, mots fléchés, bref glandouille…).

Nous assistons ainsi au coucher de soleil d’un côté et au lever de la pleine lune de l’autre, magnifique ! Celle-ci est si lumineuse qu’elle nous masque ensuite un grand nombre des étoiles (un vrai ciel étoilé ce sera pour une autre fois… sans lune). La nuit fraîchit, mais c’est plutôt agréable. Nous nous glissons dans nos duvets pour rêver éveillés et nous endormir du sommeil du juste.

Au réveil, c’est le spectacle inverse, coucher de lune et lever du soleil… Franck nous invite à un petit quart d’heure de salutation au soleil et mise en forme pour cette seconde journée de randonnée. Nouveau moment de convivialité en prenant notre petit déjeuner au soleil levant. Puis il faut plier notre couchage, refaire notre sac et reprendre la marche. 

Nous partons d’abord à l’Est en hors sentier (contractuel !) en espérant rejoindre la partie Sud de la crête des Rochers du Parquet. Nous progressons en terrain tourmenté, plus ou moins boisé de pins à crochets, alternant quelques vagues petites prairies et des zones de cailloux et lapiaz. Nous trouvons quelques cairns (?) isolés parfois coiffés d’obus éclatés (vestiges de combats ou ancien champ de tir ?). Nous ne risquons pas de nous perdre car Brigitte experte es-GPS veille…! En tout cas notre progression n’est pas rapide et nous ne croisons personne ici (ils sont fous ces Ganistes !). 

Nous récupérons donc le sentier de la crête du Parquet qui va nous amener plein Nord au Pas de la Selle. Nous sommes accompagnés tout du long par le seigneur des lieux, le Mont Aiguille (souvenirs émus pour certains d’entre nous).

C’est en descendant le Pas de la Selle que nous pique-niquons. Et nous retrouvons les voitures assez tôt pour rouler vers Clelles en perspective d’une certaine boisson fermentée pour clore la rando (D+1000m et 16km). Mais finalement ce sont des glaces qui nous récompensent de nos efforts avant d’aller nous baigner dans l’Ebron…

Cette baignade réparatrice est l’épilogue fort agréable de nos deux jours de randonnée, avec nuit à la belle étoile sur les hauts-plateaux du Vercors par grand beau temps les 29-30 Juillet.… Un régal !

PS, notre tableau de chasse : quelque vautours, 2 bouquetins isolés entreaperçus de loin (mais où sont-ils donc passés les troupeaux du secteur ?) et 2 marmottes, mais heureusement beaucoup plus de petites fourmis pour compenser.

Brigitte E, Catherine A, Chantal G, Christiane G, Pascale G, Franck S et Marc J.