Les vallons d’Avérole

Grenoble Amitié Nature - Club de montagne omnisports

Les vallons d’Avérole

Nous sommes 7 ganistes à remonter en voiture la vallée de l’Arc en direction de Bessans.

JOUR 1 :
Les prévisions annonçaient une météo médiocre pour ce premier jour de raid en étoile au départ du refuge d’Avérole au cœur de la Haute Maurienne.
Arrivés au bout de la route, sur le parking du gite la Bessannèse, bien connu des ganistes skieurs de fond. Nous nous préparons à l’abri de la neige qui tombe drue sous un auvent du centre de vacances.
Le début de la montée se fait sur le tracé des pistes de ski de fond, malheureusement enfouies sous la neige fraiche.
Nous passons le hameau de la Goulaz pour nous diriger vers les villages de Vincendière puis Avérole.

Le village d'Avérole
Le village d’Avérole

Petite pause devant l’église d’Avérole et son remarquable cadran solaire, pour entamer la brève montée vers le refuge toujours sous la neige .

Traduction d’une latiniste : « TELLE FUT TA VIE, TELLE SERA TA MORT »

Après un échange avec le gardien sur les conditions, nous décidons de l’objectif du lendemain : la Pointe Marie (3313m).

Jour 2 :
Départ vers 8H dans un fort vent qui transporte la neige et réduit la visibilité. La trace n’est pas faite. Nous nous relayons pour cheminer vers le lac des Arnès vers 2500m.

Départ dans la tempète
Départ dans la tempête

Les nuages se dissipent, la visibilité s’améliore, mais le vent forcit. Nous sommes frigorifiés, et le moral des troupes baisse. Le renoncement commence à poindre dans les remarques. De concert, nous décidons d’atteindre un replat à 3000m pour faire le point sur la suite.

Concertation pour la suite...
Concertation pour la suite…

Nous avons fait la trace sur 1000m de dénivelé, quand derrière nous un groupe de jeunes suisses mené par un guide nous rejoint puis nous double.
Encouragés par l’intuition d’Alain qui prédit que les conditions vont s’améliorer et que la trace est désormais faite, nous atteignons le sommet parsemé de rochers et décapé par le vent.

Le sommet de pointe Marie

Rapide dépeautage, nous entamons la descente sur les traces des suisses qui nous ouvrent la voie.
Malgré les 50 à 60 cm de poudreuse, la neige est dense et les virages ne sont pas faciles à négocier.
Le vent a légèrement faibli, nous en profitons pour faire un bref pique-nique et rejoindre le refuge où une bonne bière artisanale nous attend.

La bière au refuge

Jour 3 :
Objectif du jour : le Col de la Bessannèse (3238m). La météo est bonne, le ciel bleu mais il fait un froid glacial, renforcé par le vent toujours présent.
Le thermomètre indique -15°, le ressenti est de -20°, l’eau gèle dans les gourdes!!. Nous remontons les pentes dominant le refuge, la trace est faite, ce qui rend la progression plus fluide que la veille, néanmoins, le froid est très présent, voir handicapant.

Nous remontons les pentes dominant le refuge
Nous remontons les pentes dominant le refuge

Quelques conversions dans une pente à 30° et nous sommes au col dominant la plaine du Pau au loin dans les brumes italiennes, contraste de platitude dans notre univers vertical et minéral.

Arrivée au col de la Bessanèse
Arrivée au col de la Bessanèse

Dépeautage exigu, à tour de rôle sur une maigre plateforme puis descente agréable jusqu’au refuge à la recherche des meilleures pentes, pour laisser derrière nous nos signatures dans la poudreuse.
Halte rapide au refuge puis descente sur Bessans. La bonne surprise : en prévision du week-end pascal, la route a été tracée, pour laisser aux skieurs nordiques le plaisir d’arpenter une montagne gavée de poudre blanche.

Fin de séjour en Haute Maurienne

Malgré le froid et le vent, ce mini séjour laissera le souvenir d’une montagne, austère, voire hostile, mais généreuse sous nos spatules.

Les traces des Vallons d’Avérole